Infos pratiques Qu'est-ce que le Créarc

Histoire du Crearc

Du Théâtre action ... au Crearc

Théâtre Action 1972-1982

L’association a été créée en 1972 par Fernand Garnier et Renata Scant sous le nom de Théâtre Action. Elle regroupe alors des militants culturels, associatifs, des enseignants... L’objectif initial était de créer une structure au plus près de la population pour lui permettre un accès au théâtre, à la culture. Théâtre Action est fondé non seulement sur l’objectif de faire tout un travail dans les quartiers de la ville, mais aussi dans le but de construire une action culturelle en relation avec le milieu associatif. C’est ainsi que, très rapidement, vont se monter des spectacles et des projets de développement culturel dans ces différentes directions. Par exemple, dès 1972, Théâtre Action participe au projet " Jeunesse de Grenoble " dont la ville a pris l’initiative et qui amène l’association à diriger des ateliers théâtre pour les enfants, les jeunes, les adultes, les femmes, au quartier Mistral, Teisseire, à l’Abbaye et dans les centres sociaux. Cela débouchera sur le projet " Action culturelle dans les grands ensembles " mis en place en 1974 avec le Fonds d’Intervention Culturelle et grâce à des financements des ministères de l’Education, de la Santé, de la Culture, de la Justice, dans le but de faire un travail avec ceux qu’on appelle " les jeunes délinquants ". Il sera mené à bien grâce à une collaboration étroite avec les structures sociales et socio-éducatives de la ville.

Parallèlement, Théâtre Action monte différents spectacles, créés à partir de thèmes accompagnant la transformation sociale que 1968 a mise en branle. Par exemple, l’association monte La femme aux ciseaux, une pièce de théâtre qui parle de l’avortement, interprétée par Renata Scant et écrite par Fernand Garnier. Il faut bien avoir à l’esprit que l’avortement est alors interdit. Il est donc clandestin. La pièce s’inscrit dans le grand mouvement qui, après l’inculpation d’Annie Ferrey-Martin, aboutit à la loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse. Ce spectacle sera monté en collaboration avec le Planning familial de Grenoble et sera joué dans toute la région Rhône-Alpes, en France et même jusqu’à Londres. Le deuxième axe de la création théâtrale est le spectacle jeune public, axe très important. Dans une ville comme Grenoble, la proposition culturelle semblait alors très riche et variée, mais, en réalité, le milieu de l’enfance était extrêmement délaissé, et un nombre très réduit d’enfants allait au théâtre. C’est encore vrai aujourd’hui.

Cette association se met donc en place de manière pragmatique, avec très peu de moyens. Peu à peu à travers les projets, les spectacles, elle va obtenir la reconnaissance des collectivités, des ministères et va se développer ainsi pendant une dizaine années.

Théâtre Action Créarc : 1982-1993

En 1982, l’association change de nom et devient Théâtre Action Créarc. En effet, en plus de ses activités de création théâtrale et de ses projets de développement culturel, l’association développe tout un secteur littéraire, dont l’organisation de soirées de poésie est la principale expression.

Créarc est un sigle que l’on peut lire comme suit :

  • " création " : à cause de la création théâtrale et écrite
  • " recherche " : car à travers ces projets de développement culturel, l’association conduit toute une réflexion sur les enjeux culturels, sur la relation entre dimension sociale et dimension culturelle
  • " des cultures " : car l’association met en œuvre un travail au niveau local, en partenariat avec de nombreuses associations qui fédèrent des personnes d’origine étrangère (algérienne, marocaine, grecque, arménienne, polonaise...) mais aussi parce qu’elle travaille en relation avec des personnes du monde entier à travers ces soirées de poésie.

Pour en revenir à l’histoire, l’association met donc en place au début des années 1980 des soirées de poésie qui réunissent des poètes du monde entier, poètes à la fois engagés dans leur pays au niveau de l’écriture, mais aussi au niveau de la lutte pour la démocratie. Par exemple, l’association a reçu Breyten Breyttenbach (poète sud-africain engagé contre l’Apartheid), Abdelaatif Laabi (venu à Grenoble à sa sortie des prisons marocaines), Gaston Miron, Edouard Glissant, Juan Gelman... Ces soirées ont un retentissement très important et entraînent donc une transformation de Théâtre Action. A partir de 1985, l’association développe ses activités en direction du théâtre européen avec la création du Festival de Théâtre Européen. La première année, ce festival est itinérant. Il regroupe quatre troupes, soit une soixantaine de participants. C’est un projet très modeste qui ne reçoit pas de subventions. Mais le bilan est très positif et il se transforme les années suivantes en un Festival de Théâtre Européen sédentaire, à Grenoble (la formule itinérante étant trop lourde à gérer). Ce festival va progressivement grossir, déjà parce qu’il y a un public, mais également parce qu’il bénéficie de très bons articles de la part du Monde édition Rhône Alpes. En 1989, l’association fonde des rencontres de jeunes européens, qui s’appellent à l’époque Théâtre et jeunesse pour l’Europe. Le but était alors d’épauler le festival et de faire apparaître à un large public le travail théâtral réalisé dans les ateliers théâtre qui se multiplient alors. L’Anrat (Association nationale de recherche et d’action théâtrale), dont Fernand Garnier est vice-président, et sa correspondante grenobloise Agathe leur apportent leur concours. Parmi les responsables d’Agathe, Michèle Lacoste, Jean-Pierre Sovignet, Michèle Planès sont particulièrement actifs. Il paraissait important de constituer un public parallèle pour le festival (et bien sûr toujours dans une logique d’éducation du public). Les jeunes jouent alors leurs spectacles en après-midi, et vont voir les spectacles du Festival le soir. Se créait alors un mélange extrêmement intéressant, dans la mesure où les jeunes, pratiquant eux-mêmes le théâtre, constituent un public international très averti, pointu et attentif.

Tous ces projets se mettent en place les uns en symbiose avec les autres : ce sont à la fois des axes de travail très identifiés, bénéficiant de financements différents, mais tous se nourrissent réciproquement.

Cependant, les activités de l’association tendent à former une structure polymorphe, dont l’harmonie de l’ensemble est de plus en plus difficile à gérer. Difficulté corroborée par le fait que le couple fondateur se sépare et que, de ce fait, chacun entend suivre son propre itinéraire professionnel. Renata Scant décide de fonder sa propre compagnie et met un terme à l’aventure Théâtre Action Créarc. Donc en 1993, pour la deuxième fois, l’association change de nom et devient le Créarc.

Le Créarc, à partir de 1993

En 1994, le Créarc redevient tout petit. Lorsque Renata Scant décide de fonder sa propre compagnie, elle est la metteur en scène de Théâtre Action Créarc, et les subventions, étant versées nominalement et non pas à l’association, la suivent de plein droit.

Le Créarc, qui conserve le projet de Rencontres du Jeune Théâtre européen, va conserver une collaboration étroite avec le Festival de théâtre européen jusqu’en 2002 (festival géré alors par la nouvelle compagnie de Renata Scant). Mais le festival devient de plus en plus un festival professionnel, et parallèlement, les rencontres se développent, et deviennent de plus en plus autonomes, jusqu’à séparation des deux projets.

Désormais, le Créarc poursuit son itinéraire autour de quatre axes :

  • l’international avec les Rencontres du Jeune Théâtre européen et la fondation du Réseau du jeune Théâtre européen
  • la création théâtrale
  • l’accueil de spectacles et de troupes au Petit Théâtre
  • les projets de développement culturel